Free mobile : encore un effort de transparence, M. Niel !
Le nouvel opérateur a promis des prix cassés, mais aussi des offres transparentes. S’il est sur la bonne voie, il reste au moins trois zones d’ombre dans ces offres. La plus inquiétante concerne les « limites » qui seront appliquées aux appels illimités. 60 Millions interpelle Free et attend sa réponse avec impatience.
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C’est une évidence : les offres de Free mobile, lancées le 10 janvier 2011 (lire notre article de ce jour), ont le potentiel pour dynamiter le marché. Pour proposer des prix aussi bas, l’opérateur a-t-il caché des pièges dans le détail de ses offres ? Beaucoup de consommateurs s’interrogent.
60 Millions a épluché scrupuleusement l’ensemble des documents contractuels de l’offre… sans rien déceler qui puisse faire exploser la facture.
Bien sûr, on peut toujours chipoter sur les 10 € de frais d’envoi du mobile, ou sur le coût des appels depuis la Tunisie ou le Maroc (deux fois plus élevé que chez Orange ou SFR). Mais ce sont des broutilles. Les astuces traditionnelles, mais lucratives, des opérateurs pour gonfler leurs recettes ne sont pas employées par Free mobile. Ainsi, dans son forfait à 2 €, les SMS et appels hors forfait sont à des prix défiant toute concurrence.
En revanche, il reste quelques petites zones d’ombre. Il ne tient qu’à Free et son tonitruant patron, Xavier Niel, de les faire disparaître. Chiche ?
> Quelles limites aux appels et SMS illimités ?
La plupart des opérateurs proposant de l’illimité fixent des garde-fous précis : 2 heures par appel au maximum, 99 ou 199 correspondants par mois au maximum. Le contrat de Free mobile n’en prévoit pas. Ce devrait être une bonne nouvelle. Sauf qu’il conditionne le service à une « utilisation non abusive » (article 4.3 des conditions générales d’abonnement). Surtout, il précise qu’il est interdit d’utiliser le forfait « de manière anormale, inappropriée ». Difficile de faire plus évasif ! Parce qu’ils sont si vagues, ces quelques mots laissent la place à une application arbitraire.
Qui sait si l’opérateur ne va pas les utiliser pour restreindre ou suspendre la ligne des abonnés qu’il jugerait trop bavards, notamment dans leurs appels vers l’étranger ? Cette crainte n’est pas totalement virtuelle, quand on sait que Free applique de telles restrictions, dans la plus parfaite opacité, à certains abonnés Freebox (lire notre article du 8 août 2011). Si Free veut lever le soupçon, il suffit d’enlever ces quelques mots de son contrat.
> Quel débit pour l’Internet mobile ?
Le débit théorique qui permettra de surfer avec l’offre Free mobile n’est pas indiqué. Pas plus que l’ampleur de la réduction de débit qui sera appliquée aux très gourmands abonnés qui dépasseraient la limite des 3 gigaoctets.
Sur ce point, Free mobile n’est pas plus vertueux que les concurrents dont il raille l’opacité : eux-mêmes ne précisent les débits de l’Internet mobile que là où cela les arrange… Et si, là aussi, Free montrait la voie ?
> Quel tarif après les trois premiers millions de clients ?
Les offres sont « exclusives » pour les 3 millions de clients qui s’inscriront en premier. On aimerait comprendre le pourquoi de cette limitation, et savoir si les tarifs vont subitement augmenter pour le malheureux abonné n° 3 000 001.
À moins que cela ne soit qu’un pur artifice marketing. En la matière, Free n’a plus à faire preuve de son habileté. Pour créer un sentiment d’urgence et de rareté, on laisse croire que tout le monde ne pourra pas être servi. Là encore, Free gagnerait à être plus explicite.
Benjamin Douriez
Les concurrents réagissent
La riposte à Free mobile ne s’est pas fait attendre : Orange a baissé le prix de sa gamme de forfaits Sosh et SFR s’apprête à faire de même avec ses séries Red. Ainsi ils s’approchent de l’offre de Free, sans l’égaler toutefois.