Un numéro contre les arnaques par SMS
Les consommateurs peuvent transférer les SMS abusifs au «33 700». Ce dispositif d’alerte est opérationnel le 15 novembre. Suffira-t-il à endiguer le flot d’arnaques reçues sur les téléphones portables ?
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«Isa t’a laissé un msg» ; «Cela fait 21 jours que vos chèques sont en attente» ; ou encore «Salut c moi, j’attends tjrs ton appel, à croire que je t’ai laissé mon numéro pour rien, rappelle-moi au 0899…». Sur les téléphones portables, les SMS de ce genre pullulent. Et agacent ! Ils cachent (mal) une escroquerie. Car ils incitent toujours à rappeler un numéro lourdement surtaxé.
Désormais, les consommateurs peuvent dénoncer ces SMS abusifs ou faussement personnalisés. Les opérateurs ont mis en place une plate-forme d’alerte commune, accessible au numéro «33 700». Il suffit au consommateur de transférer le message litigieux par SMS à ce numéro. Pas sûr que cela suffise à juguler le phénomène.
Pris d’assaut avant son lancement
Avant même son lancement officiel, le dispositif a été pris d’assaut. Il est pleinement opérationnel le 15 novembre 2008. Mais, ayant été présenté à la presse le 21 octobre, il a déjà bénéficié d’une certaine publicité. En quinze jours, 10 000 signalements ont été reçus par le «33 700», en phase de rodage. Les messages sont stockés, en attendant leur traitement lors du démarrage réel du système.
«Nous avons été surpris que cela démarre si vite», avoue-t-on à la Fédération française des télécoms, qui regroupe les opérateurs. Ce succès prématuré révèle surtout l’ampleur prise par ces arnaques par SMS.
Visiblement les abonnés ne sont pas rebutés par un léger détail : l’envoi au «33 700» n’est pas gratuit. Il est facturé au prix d’un SMS normal (non surtaxé), et un deuxième message est parfois nécessaire pour compléter le signalement. Si vous disposez d’un forfait SMS, les envois au «33 700» sont décomptés de celui-ci.
À la limite de l’escroquerie et du spam
Reste aux opérateurs à faire le tri dans les signalements reçus. Ils ont promis de prendre des mesures, qui peuvent aller jusqu’à la fermeture des numéros surtaxés litigieux. Le problème est qu’il n’est pas si facile de déclarer malveillant tel ou tel SMS. «De nombreux abonnés ont donné leur accord pour recevoir des SMS dans le cadre d’une relation commerciale et ne s’en souviennent pas», note une porte-parole de la Fédération française des télécoms.
Même les forces de l’ordre peuvent s’y casser les dents. «Ces envois de SMS sont à la limite de l’escroquerie et du spam, explique un policier spécialisé dans ce genre de fraudes. Or, le spam n’est pas un délit, mais une contravention, qui ne nous donne pas accès aux mêmes moyens d’enquête.»
Le gouvernement a aussi promis de réactiver le contrôle de déontologie des services surtaxés (lire notre article du 14 mai 2008). Les instances qui remplissaient cette fonction sont en sommeil depuis fin 2005. Ce contrôle sera dévolu au nouveau Conseil national du numérique, qui doit voir le jour début 2009.
Bon à savoir
Au-delà du signalement d’un SMS litigieux au «33 700», vous pouvez aussi envoyer le mot «STOP» à l’émetteur du message. Ce dernier doit alors supprimer votre numéro de mobile de ses fichiers.